Le retour des artistes oubliés des années 60 et 70

Cet article d’Anne de Coninck paru sur SLATE relate la redécouverte et la réhabilitation des artistes oubliés des années 60 et 70. Un nouveau filon pour les galeristes et les investisseurs. A lire en copiant le lien ci dessous.

http://www.slate.fr/story/87651/art-contemporain-revanche-plus-de-70-ans

 

 

En galeries ce printemps, à ne pas manquer !

Ronan Barrot, « Pendant La Répétition » du 3 avril au 17 mai à la Galerie Claude Bernard.

Exposition « Héros » de Pierre et Gilles du 10 avril au 31 mai à la Galerie Daniel Templon.

Pour leur première exposition à la Galerie Daniel Templon, le duo Pierre et Gilles dévoile un ensemble inédit d’oeuvres consacré au thème des ‘Héros’. L’exposition rassemble une galerie de portraits, des figures mythologiques de l’Antiquité tels Achille ou Prométhée, aux supers héros de la culture populaire et des fictions, en passant par des héros plus contemporains tels un jeune insurgé du Printemps arabe ou un couple d’heureux ‘mariés pour tous’ prenant les traits des artistes. En parallèle de l’exposition, Le Mobilier National présentera une nouvelle oeuvre de Pierre et Gilles inspirée par le mobilier de Marie-Antoinette.

http://www.danieltemplon.com/new/artist.php?la=fr&artist_id=290

Prochainement chez Perrotin : Chen Zhen « Fragments d’éternité » du 26 avril au 7 juin.

https://www.perrotin.com/exhibition-fragments_d-eternite-2491.html

La Galerie Perrotin invite la Galerie Continua à organiser une exposition rétrospective de Chen Zhen (1955-2000) dans ses trois espaces à Paris. Considéré comme l’un des principaux représentants de l’avant-garde chinoise et figure emblématique de l’art contemporain, l’exposition proposera une relecture de l’œuvre de l’artiste en rassemblant une trentaine d’œuvres iconiques réalisées à partir de 1980… A ne pas manquer !

Pauline L-C pour My Art Services

 

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Marché de l’art 2013. Le point complet.

Le Marché de l’Art 2013 : un secteur qui n’est pas prêt de plier !

Malgré la crise de 2008, le marché de l’art est passé en 10 ans de 24 milliards à presque 66 milliards de dollars! La résilience et l’adaptabilité du marché impressionnent ! Quand les bourses plongent, l’art rassure !

D’après le rapport publié en 2013 par la société de services en ingénierie informatique Capgemini, les plus grosses fortunes destinent environ 17 % de leurs avoirs « plaisir » à l’art. « Il y a, aujourd’hui, des liquidités très importantes dans le monde qui ne trouvent pas de rentabilité intéressante dans d’autres domaines. C’est de l’argent qui veut être employé tout de suite », analyse Stefano Moreni, directeur de l’art contemporain chez Sotheby’s, à Paris.

Si l’acquisition d’une œuvre d’art revêt avant tout une forte valeur affective et émotionnelle, cette démarche est aujourd’hui envisagée comme un placement de choix par des acheteurs toujours plus nombreux et cette tendance n’est pas prêt de s’arrêter…

Les deux multinationales de l’art, Christie’s et Sotheby’s l’ont bien compris et ont d’ailleurs confirmé de belles performances l’an passé avec 7,1 et 6,3 milliards de dollars de lots adjugés. La base Artprice a évalué les seules enchères de Fineart* à 12 milliards de dollars l’an dernier, soit une croissance de plus de 13% !

Symptôme d’une nouvelle bulle spéculative ? D’après les spécialistes, il n’en est rien : car le marché de l’art haut de gamme repose aujourd’hui non plus sur une poignée d’acheteurs fortunés dont le retrait conduirait à un effondrement global, mais est désormais alimenté par un nombre grandissant d’acheteurs richissimes conquis par les hautes sphères du marché de l’art pour des raisons diverses et variées.

« Le monde change : il y a davantage de richesses concentrées dans les mains d’un nombre réduit de milliardaires : la compétition est d’autant plus féroce que l’art est devenu un élément de reconnaissance sociale. La montée en puissance des pays émergents comme la Chine ou encore le Moyen Orient alimente cette hausse des prix. Dans les émirats on se livre à une concurrence acharnée pour constituer la plus belle collection. En Chine, on compte déjà 535 musées et autant en gestation. Or dans cette compétition, il est bien plus simple de créer une institution dédiée à l’art contemporain qu’à la Renaissance ou à l’impressionnisme, périodes pour lesquelles les œuvres majeures sont déjà toutes dans les musées » (Martine Robert, Les Echos du 20/03/2014).

Les foires quant à elles n’ont jamais été si nombreuses et dynamiques : ces rendez-vous “arty“ se multiplient partout dans le monde à l’image d’Art Basel ou encore de la Fiac, qui décline son édition parisienne à Los Angeles au printemps 2015.

« L’art actuel n’est pas juste statutaire, au même titre que le top-modèle au bras ou la belle cylindrée dans le garage. C’est un art de vivre émaillé de fêtes, de dîners de vernissage, et de voyages au gré des foires… La Jet Set Arty s’est aujourd’hui mondialisée ; et si en 2004 les Etats-Unis se taillaient la part du lion avec près de 60 % de part de marché dans le contemporain, en 2013, ils ne détiennent plus que 35 %, selon la base de données Artprice. Entre-temps, la Chine et Hongkong sont montés en puissance, passant d’à peine 1 % de part de marché en 2004 à plus de 38 % en 2013. « Les ventes ont beau avoir lieu à Londres ou à New York, les acheteurs sont, eux, très internationaux. Chaque saison, de nouveaux groupes d’acheteurs sont actifs. Une année ça peut être les Italiens, une autre fois, les Russes », remarque Francis Outred. Chez Christie’s, on enregistre 35 % de nouveaux acheteurs en trois ans. Même constat dans les galeries. « C’est la grande surprise, s’étonne la galeriste parisienne Nathalie Obadia. Les nouveaux acheteurs représentent, chaque année, 20 % à 30 % de mon chiffre d’affaires, et ils ont largement remplacé ceux qui ont disparu avec la crise de 2008 (Le Monde 2/03/2014 par Roxana Azimi).

Cette abondance de nouveaux acheteurs actifs depuis une dizaine d’années, qui fait flamber les côtes, se rue sur les signatures les plus chères, à savoir les grandes « icônes » du XXème siècle dont la promotion passent par des stratégies marketing offensives de la part des sociétés de ventes et par celle des grands prescripteurs de tendances (marchands, collectionneurs, musées, directeurs de salons…) : pour preuve, les 13 meilleures enchères 2013 sont allées à des œuvres réalisées après 1930 !

Ce secteur très haut de gamme, le seul véritablement médiatisé, ne représente pourtant qu’une infime partie d’un marché de l’art constitué à près de 80 % d’œuvres abordables pour moins de 5000 dollars, dont 38 % pour moins de 1000 dollars. En 2013, ce sont près de 300 000 œuvres qui ont changé de mains sous ce seuil de prix. L’accès aux œuvres d’art n’est donc pas réservé qu’aux ultras riches et force est de constater que la santé est bonne, excellente même, dans cette gamme de prix puisqu’il se vend deux fois plus d’œuvres qu’il y a 10 ans. Preuve que les collectionneurs « plus discrets » participent eux aussi activement à la vigueur du marché.

La demande en art est donc très forte, non seulement parce qu’elle est mondialisée mais aussi parce que le marché a considérablement gagné en transparence et que de nouveaux amateurs sont sans cesse conquis. Et, à moins d’un effondrement économique général, de la Chine ou des Etats unis, le mouvement n’est pas prêt de s’arrêter…

Quelques chiffres clés du marché en 2013 à retenir :

12,2 Mrd $ : le produit de ventes de Fine Art aux enchères en 2013.

609 Mio$ : le total de la vente d’art d’après-guerre et contemporain de Christie’s New York du 12 novembre 2013, le plus haut total jamais enregistré pour une vente aux enchères.

127 Mio$ (soit 142 Mio$ avec les frais) : le prix de l’œuvre « Three studies of Lucian Freud » de Francis Bacon, adjugée le 12 novembre 2013 chez Christie’s New York, nouveau record pour une œuvre aux enchères qui a détrôné « Le Cri » dessin d’Edvard Munch, adjugé 119 Mio$ en 2012.

15 000 : le nombre de nouveaux records d’artistes frappés en 2013.

8400 : le nombre de nouveaux artistes vivants arrivés sur le second marché en 2013.

+15% : l’évolution des prix de l’art sur l’année 2013, calculée par Artprice Global Index.

1519 : le nombre d’adjudications au-delà du million de dollars dans le monde.

9 Mrd$ : le total des ventes des 500 artistes les plus cotés sur le marché de l’art. En 2013, les 500 artistes les plus cotés représentent 75% du produit des ventes pour juste 15% des lots vendus.

1888 : l’année de naissance moyenne des artistes vendus aux enchères cette année. Avec encore 47% du volume des ventes, l’Art Moderne domine toujours le marché de l’art et ce malgré l’appétit du marché pour les artistes vivants (20% du marché en 2013 contre 8% en 2003).

(Source Artprice).

Les tendances en termes de Média et de Périodes

Les Medias

L’indice global des prix de l’art affiche 80% de hausse sur la décennie et tous les médias profitent de ce renchérissement. Les prix de la photo ont grimpé de 25% en 10 ans, 27% pour la peinture et surtout 185% pour le dessin. Cette augmentation constante depuis 10 ans s’explique en grande partie par l’activité de la Chine où la tradition du dessin berce le marché depuis toujours contre une tradition pluriséculaire de la peinture sur toile en Occident.

La peinture demeure le médium le plus convoité et le plus cher. Le marteau a frappé 878 fois au-delà du million pour des œuvres sur toile, contre 205 fois en 2003. La peinture représente 37% des lots vendus en 2013 pour 54% des recettes mondiales (soit 6,619 Mrd$) et les prix grimpent indéniablement. Cinq œuvres sur toiles ont d’ailleurs atteint le seuil des 50 Mio$ en 2013 : 127 pour « Three studies of Lucian Freud » de Bacon, 94 pour « Silver Car Crash (Double Disaster) » et 51 pour « Coca-Cola » d’Andy Warhol, 52 Mio$ pour « Number 19 » de Jackson Pollock et 50 pour « Woman with Flowered Hat » de Roy Lichtenstein.

La hausse des prix pour les œuvres uniques a un effet levier important sur les estampes, lesquelles représentent la même part qu’il y a 10 ans en termes de nombres de lots vendus, mais leurs recettes annuelles sont trois à quatre fois supérieures. Matisse, Rembrandt, Lautrec, Kirchner pour les plus convoités et le quatuor gagnant millionnaire en 2013 pour des épreuves de Warhol, Picasso, Munch et Redon.

Autre chiffre record pour les ventes de sculptures qui atteignent 913 Mio$. C’est plus de 22500 lots dispersés en 2013 dont 128 nouvelles sculptures millionnaires. Œuvre multiple, la sculpture atteint sans difficulté les plus hautes sphères du marché et s’avère aussi valorisée que les œuvres peintes, uniques par essence, si la signature en vaut la chandelle. Six artistes parviennent à se hisser parmi le top 100 des enchères 2013 avec des œuvres tridimensionnelles : Jeff Koons, en premier lieu avec son Balloon Dog (orange) adjugé 52 Mio$ (4ème meilleure enchère de l’année), édité pourtant à 5 exemplaires, puis Diego Giacometti avec une grande tête mince, un bronze édité à 6 exemplaires vendu 44,5 Mio$ (7ème meilleure enchère de l’année), Yves Klein avec Sculpture Eponge bleue sans titre, vendue 19,5 Mio$ (40ème meilleure enchère annuelle), Auguste Rodin avec le Penseur, une fonte de Rudier de 1906 cédée 13,5 Moi $ (62ème enchère annuelle), Donald Judd avec Untitled (DSS 42) adjugée 12,4 Mio$ (71ème enchère) et Pablo Picasso avec Sylvette vendue 12 Mio$ (75ème enchère)…

(Résultats hors frais, sources ArtPrice).

Enfin, la photographie qui atteint 153,3 Mio$ et triple ses recettes par rapport à 2003. Le marché haut de gamme sur ce secteur se révèle plus vif que jamais avec 12 enchères millionnaires sur l’année.

La photographie n’est plus aujourd’hui un médium à part, les collectionneurs l’ont intégrée et elle s’affirme petit à petit comme une valeur sûre. Dans ce domaine, la tendance est nettement en faveur de la période contemporaine. Cinq photographes contemporains se démarquent particulièrement et décrochent des enchères millionnaires en 2013 : Andreas Gursky, Richard Prince, Cindy Sherman, Man Ray et Thomas Struth notamment avec un nouveau record atteint par Panthéon, Rome, de 1992, un tirage chromogénique sur 10 exemplaires vendu plus d’1 Mio$ en juin 2013. En 2000, cette même épreuve se vendait 210 000 $… Sa valeur a donc quasiment quintuplé !

A l’heure actuelle, plus de la moitié des recettes de la photographie est engrangée par des artistes vivants. Ainsi, le produit de ventes des artistes vivants grimpe de 333% sur la décennie. Dans notre société inondée d’image, la photo est un des médiums les plus emblématiques et le marché l’a bien compris.

Les Périodes :

Avec 5,7 Mrd$, l’art moderne s’affiche toujours comme le pilier du marché mondial. La peinture représente 2,84 Mrd$ soit la moitié des recettes modernes et le dessin près de 40% avec près de 2,3 Mrd$.

Pourtant, l’œuvre la plus chère aujourd’hui, n’est pas un Picasso ou un Giacometti, mais un tableau du peintre britannique Francis Bacon de 1969, adjugé pour 142 millions de dollars (frais inclus) (vente Christie’s du 12/11/2013).

Le « Post-war » et le contemporain pèsent quasi autant que les classiques impressionnistes et modernes réunis. L’art contemporain qui ne pesait que 824 millions de dollars en 2004, a atteint 6,8 Mrd$ l’an dernier. L’art d’après-guerre et contemporain représentent 35% des recettes 2013 pour 36% des lots vendus ! Ces deux périodes se révèlent donc être les plus rentables après l’art moderne, qui tient depuis 10 ans entre 45% et 50% du marché (en termes de recettes) et près de la moitié des œuvres (46% en 2013).

Parce qu’il est le mieux alimenté, le segment contemporain est le plus rentable comparé à l’art du XIXème et l’art ancien car ces marchés sont soumis à la raréfaction de pièces majeures.

En 2003, les ventes de Sotheby’s dans le domaine contemporain dépassaient à peine les 217 Mio$. En 2013, elles ont atteint 1,3 Mrd€. Six fois plus ! Même constat chez Christie’s, qui fait état d’une progression de 29 % de ses ventes mondiales d’art contemporain en 2013, avec, en prime, une vente record frôlant les 700 Moi$, en novembre 2013.

Quid de l’art ancien ? Une valeur sûre !

Les maîtres anciens se font rares dans le top 100 des meilleures adjudications : en 2013, 7 œuvres anciennes grimpent dans le classement des 100 meilleures adjudications quand on en compte le double pour des artistes encore vivants et actifs !

Les collectionneurs d’art ancien sont cependant prêts à débourser plus de 20 Mio$ pour un portrait réalisé par Fragonard (« Portrait de François Henri, 5ème duc d’Harcourt » adjugé le 5 décembre dernier 25 Mio$ chez Bonhams à Londres) et à faire passer le record de Bartolomeo della Porta de 4,3 Mio$ à 11,5 Mio$ (« the Madonna and the Child » vendu le 30 janvier dernier chez Christie’s).

Face à la pénurie d’œuvres majeures sur toiles ou panneaux, les collectionneurs se rabattent sur d’autres supports créatifs comme le dessin dont le volume d’affaire a explosé de près de 1900% depuis 2003 ! En 10 ans le marché du dessin est devenu un marché plus juteux que celui de la peinture : Il représente près de 583 Mio$ de produit de ventes soit 57% du marché de l’art ancien contre 45% pour la peinture.

Acheter des artistes vivants :

Les acheteurs déboursent en moyenne 5 000$ sur un artiste vivant qui affronte pour la première fois le verdict des enchères, une première mise moyenne qui a quintuplé en 10 ans : le prix moyen de la première enchère est passé de 1355$ (1654€) à plus de 5800$ (7631€) entre 2003 et 2013.

Par ailleurs, l’achat de jeunes artistes en salles peut être rapidement rentable : Le prix moyen d’une œuvre achetée 1355$ en 2003 lors du premier passage en salle de l’artiste est de 18 872$ en 2013.

D’une façon générale, le marché de l’art a considérablement rajeuni ces dernières années et les artistes vivants s’avèrent de plus en plus profitables pour les maisons de ventes. Ils représentent aujourd’hui 14% du marché du dessin en termes de recettes contre 4% en 2003, 21% du marché de la peinture, 30% de la sculpture et 60% de la photographie.

Né en 1979, Dan Colen a vu ses prix tripler en quatre ans. Lucien Smith est tout juste âgé de 25 ans et, pourtant, une de ses pièces s’est adjugée pour 389 000 dollars chez Phillips, en novembre 2013. « Si un artiste vaut cher, mais que ses prix n’augmentent pas, il n’attire pas autant l’attention que celui dont la côte progresse, constate Stefano Moreni. C’est comme le prix d’une action : ça ne correspond pas à la valeur d’une entreprise, mais à sa capacité à générer des profits dans le futur. Le monde de la collection reflète le système économique. »

Sur les quatre premières places du marché mondial, plus de 20% des lots vendus aux enchères sont le fait d’artistes vivants. Ces derniers ont d’ailleurs la meilleure rentabilité en Chine ou ils apportent près d’1 Mrd$ et représentent 33% des lots vendus. Beaucoup d’entre eux sont passées directement par l’épreuve du second marché avant d’être adoubés par le circuit traditionnel des galeries ou institutions culturelles.

Pourtant, si les envolées sont rapides et saisissantes, miser sur une jeune pousse est un pari risqué et mieux vaut être bien conseillé. Les données d’Artprice sont d’ailleurs éclairantes. De 2004 à 2013, le même groupe d’artistes se partage la crête du marché : Jean-Michel Basquiat, Damien Hirst, Jeff Koons. Derrière ces têtes de gondole, le reste des cotes est plus mouvant. Don Thompson le dit bien : à la revente, 80 % des œuvres achetées ne vaudront pas le prix payé. A méditer…

(Source ArtPrice).

Rédigé par Pauline L-C pour My Art Services


RONAN BARROT OU LA PEINTURE AUTHENTIQUE

Ronan Barrot appartient incontestablement à cette espèce en voie d’extinction des praticiens de la peinture, hors les modes imposées de l’art vidéo, du conceptualisme et du Ready made, formes dominantes des expressions plastiques dites « actuelles ». Barrot c’est une survivance de la « forme » peinture dans l’art contemporain, un phénomène qui détonne dans la création actuelle.

Il fait actuellement l’objet d’une rétrospective magistrale à la galerie Claude Bernard, son marchand qui le représente depuis 2007. Ce dernier qui, grâce à un œil averti, montra tôt Bacon, Hockney, Balthus, Eugène Leroy, Paul Rebeyrolle et bien d’autres… et expose aujourd’hui son protégé à guichets fermés…

Tout part d’une vieille antienne de l’art contemporain qui reprend une phrase écrite par Léonard de Vinci dans son Traité de la peinture (le Paragone), mais sortie de son contexte et détournée de son sens : « La peinture est cosa mentale. » De cette phrase, on a conclu à la supériorité du concept sur l’exécution. Or Vinci ajoute : « D’elle procède ensuite l’exécution, beaucoup plus noble que ladite théorie ou science. »

Barrot, lui, est fasciné par les maîtres anciens Vermeer, Titien, Rembrandt, Vélasquez, mais aussi Courbet, Goya, Manet, Cézanne… Tous les GRANDS. Il a d’ailleurs une connaissance encyclopédique de la peinture et s’inscrit dans une lignée, multipliant les références, se revendiquant de cet héritage à une époque si volontiers conceptuelle.

L’exposition, intitulée significativement « Pendant la répétition », nous interpelle aussi sur le sens polysémique du titre…

« Répétition » car la peinture de Barrot est figurative et monothématique. Il fait partie de ces peintres qui continuent à se référer à des schèmes iconographiques pluri séculaires ou millénaires, à ces formes premières déterminées depuis presque l’origine de l’art : lignes horizontales ou verticales, croix etc. Des lignes directrices structurant les images, au fond…

Dans ses portraits comme dans ses paysages, Barrot glisse un crâne, une référence, un symbole (une vanité) ou le souvenir d’une œuvre admirée… Le peintre transforme ainsi le sujet de départ en allégorie où l’on retrouve des formules sciemment élémentaires, répétitives : « Comme chez les Anciens, l’amour, la mort et la peinture. Ainsi s’exprime la noblesse de l’exécution, par la soumission du sujet à la peinture » (Olivier Cerna).

Un peintre « classique » dit-on souvent de lui puisqu’il faut systématiquement coller une étiquette plastique à la création. Classique mais éminemment contemporain car si Ronan Barrot se réclame des anciens, il ne tombe jamais dans l’imitation.

Lorsqu’il exposa en 2009 à l’Espace d’art contemporain Fernet-Branca, le critique d’art Philippe Dagen écrivait dans le catalogue de l’exposition : « On songe à des soirs de bataille, des nuits de captivité. A travers les tempêtes de peinture qu’il déchaîne, Barrot rejoint Géricault, Delacroix, Courbet. Attention au mot : « rejoint » signifie qu’il se retrouve à leurs côtés, mais sans les avoir imités à aucun moment. »

D’une virtuosité rare, Barrot affronte la toile, dans un corps à corps, se bat avec la matière, la couleur tantôt sombre tantôt criarde et acide… Sa manière est sauvage ; son geste, rapide et brutal, semble accouché sur la toile en un raptus. Dès lors la peinture n’a plus grand-chose à voir avec son sujet, et c’est bel et bien l’acte du peintre, matière, mouvement, couleurs qui est l’objet de son travail. Barrot est un peintre authentique, il est « entièrement peintre » (Olivier Cerna).

« Répétition » aussi car Barrot est avant tout un artiste théâtral, un dramaturge, un metteur en scène. Il ne représente pas des sujets mais des scènes : d’amour, de violence, de viol, d’attente… Si s’imposent un visage, une scène de rue, une allusion, un souvenir, ou même une référence cultivée à un illustre prédécesseur, c’est le geste en quête de justesse qui fait que la vérité est là, fugace, mais figée et comme imparable, arrêtée par le peintre au moment juste où lui seul a pu l’attraper où l’on aurait été incapable de la percevoir.

Une chose est sûre : à l’heure où l’on débat sur la trop faible reconnaissance des artistes français au niveau international et le déclin artistique français, Ronan Barrot est sans doute parmi les artistes français qui comptent…

Sa puissance d’expression nous emporte, nous émeut et nous y adhérons à 2000%. Une production tout en matière, couleurs et références. Peinture, vous avez dit peinture ? L’épiphénomène Barrot n’est-il pas un formidable pied de nez à tous ceux qui pensaient la peinture morte ? Car loin d’être perdu, « pendant la Répétition » nous démontre avec force et talent que le genre est bel et bien vivant.

« Pendant la Répétition », du 3 avril au 17 mai 2014 à la Galerie Claude Bernard.

 

Pauline L-C pour My Art Services

 

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Quelques citations éloquentes…

…quant à notre état d’esprit, chez MY ART Services, à propos de l’art, et de l’acquisition d’oeuvres.

Cliquer au coeur du texte, merci.

 

 citations

MY Art Services à DUBAI, la cité ambitieuse…

artdubaiLuxuriance orientale et chaleur écrasante, la première impression pique un peu les yeux… Une architecture excentrique, des grues qui s’activent partout, n’oubliez pas vos lunettes noires car la métropole des sables est à l’image d’un Las Vegas oriental et la protection est de mise…

Mais doit-on résumer Dubaï à ces lieux communs et clichés clinquants ? Le raccourci est tentant mais un peu facile…

Symbole du renouveau économique du Golfe, le plus connu des Emirats arabes unis surfe sur une croissance de 5% et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ici l’art est pris très au sérieux : Publicité, multiplications des évènements simultanés, ventes aux enchères avancées d’un mois pour se calquer sur le calendrier de la Foire…

Art Dubaï est à l’image de ce dynamisme : Attractive ! et réussi même, en prime, à se dérober aux clichés grâce à une sélection de qualité…

Petit tour d’horizon avec MY ArtServices, société de conseil en acquisitions d’œuvres d’art…

Une foire crédible et attractive

ArtDubaï c’est 85 galeries de 34 pays différents : une taille conviviale avec une offre diversifiée et un positionnement particulier tourné vers l’Afrique, l’Asie, et le Moyen-Orient.

En huit ans, la foire a gagné en maturité et s’est imposée comme un évènement incontournable du marché de l’Art pour cette partie du monde: Pour preuve, 90% des exposants présents l’an dernier ont postulé de nouveau cette année. Parmi eux, des marchands de stature internationale, comme Marian Goodman (New York, Londres), le couple Obadia-Templon ou encore la galeriste parisienne Chantal Crousel qui participe à ArtDubaï depuis cinq ans…

Une sélection convaincante :

Avec deux focus, l’un sur l’Asie Centrale et la Caucase, l’autre sur l’Art moderne du Moyen Orient et de L’Asie du Sud. De quoi satisfaire la clientèle des musées qui se multiplient dans la région. « Dans les années 1940 à 1980, les artistes créaient au Caire, à Beyrouth, Amman, Bagdad, Téhéran… en parallèle de leurs confrères occidentaux. Nous avons donc choisi d’exposer ceux qui ont influencé les générations suivantes », expliquait Antonia Carver, la directrice de la foire.

Les collectionneurs aussi sont mis en appétit et le démarrage de la foire s’est d’ailleurs fait sur les chapeaux de roues: Dès le premier jour Nathalie Obadia, cédait des œuvres de Joana Vasconcelos et une photo de Valérie Belin. Par ailleurs, loin du soit disant « goût local » pour le clinquant, d’autres galeries ont très bien tiré leur épingle du jeu : Chez Schleicher+Lange (Berlin), tout de rigueur et de camaïeu gris, une installation de Chris Cornish ainsi qu’une sculpture de Timo Nasseri ont été d’emblée cédées à un collectionneur turc. Même constat chez Experimenter (Calcutta) qui consacrait un solo show à l’artiste saoudienne très conceptuelle Hajra Waheed, dont trois installations ont très vite trouvé preneur. De quoi faire taire les « a priori » et ses détracteurs.

Les galeries ont eu d’autant moins à se plier aux pseudos codes locaux que cette année la fréquentation du salon était encore plus internationale qu’avant : l’occasion de découvrir des collectionneurs et des directeurs de musées internationaux de manière plus détendue et privilégiée, selon les dires des galeristes. L’ambiance intimiste et détendue d’ArtDubaï semble en effet propice aux affaires et aux rencontres :

« C’est la première fois de ma vie que l’on ne me demande pas de prix et que l’on m’interroge uniquement sur l’œuvre », s’étonnait Barnard Utudjan, directeur de la galerie Polaris (Paris), qui présentait pour sa part un solo show de Bouchra Khalili.

Face à un marché désormais « plus mature », les galeries sont confiantes et n’hésitent plus à opter pour des sélections ambitieuses comme chez Templon, où les pièces de valeurs d’artistes reconnus oscillaient de 65 à 250 000 euros.

D’un stand à l’autre :

Chez Sfeir Semler de Beyrouth, on pouvait découvrir le travail d’Etel Adnan (née en 1925) une libanaise qui vit à Paris. Très en vue elle fait l’objet d’une exposition en ce moment au Mathaf de Doha et fait partie de la sélection de la Biennale du Whitney qui a ouvert il y a quelques jours.

D’un stand à l’autre, on s’arrête aussi sur les peintures tourmentées de l’irakien Ahmed Alsoudani – présent dans les collections de François Pinault qui étaient montrées par Barbara Gladstone.

La maturité se mesurait aussi à la création de la section moderne, qui a montré quelques pépites : Sur le stand de la Galerie El Marsa (Tunis), on redécouvrait Baya, cette artiste algérienne qui figure dans la collection d’Art brut de Lausanne et que la galerie Maeght a exposée en 1947, alors qu’elle était tout juste agée de 16 ans… avec une toile tout en tonalité naïve de« Femme chevauchant une girafe » de 1945. A retenir également, la verve grinçante du dessinateur iranien Ardeshir Mahasses chez Shirin Gallery (Téhéran) ou encore Huguette caland, la libanaise redécouverte à l’occasion du parcours « Modernités plurielles » au centre Pompidou, sur le stand de Janine Rubeiz.

Art Dubaï donne la tendance :

En Huit ans, Art dubai a donc réussi s’imposer comme la plateforme principale du marché de l’Art au Moyen Orient. Nouveau territoire d’exploration pour les collectionneurs et les musées, l’attractivité de l’Emirat n’est plus à démontrer…

Certains l’avaient d’ailleurs pressenti depuis longtemps comme la galeriste Belge Isabelle van Den Eydne, dont on ne pouvait faire l’économie du détour pendant la foire. Située dans le district d’Al Quoz sur « Arselkal avenue », la galerie éponyme présente les artistes vedettes de son écurie qui habitent à Dubaï : trois iraniens Rokni et Ramin Haerizadeh et aussi Hesam Rahmanian. Leur travail commun est un troublant mélange d’images peintes découpées, filmées empruntées référencées à travers lesquelles ils livrent une critique cinglante, humoristique et satirique de la culture dont ils sont issus. Rokni, 34 ans, le plus demandé, avait déjà été repéré par Saatchi et présenté chez Ropac. Une exposition de lui est d’ailleurs en projet au New museum de New York.

Nous rentrons donc de Dubaï séduits et « lavés » de nos clichés : La petite foire de la cité audacieuse qui ne pèse encore « qu’une quarantaine de millions d’euros » marche désormais dans la cour des grands. Reste néanmoins à confirmer à et consolider sa position. Et pour cause, puisqu’ArtDubaï subira dès 2015 la concurrence frontale d’Art Basel Hong Kong qui a changé son agenda pour le mois de mars, entrant en collision avec l’Armory Show (New York) et Art Dubai … Nous verrons si collectionneurs et galeries suivront… Bienvenue dans le monde impitoyable des foires !

Pauline L-C pour My Art Services

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